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jeudi 17 août 2017

734-TSPÉ-SÉBASTIEN LEMALE-COLLABORATION ET CO-CRÉATION DANS LA B.D.-2





COLLABORATION ET CO-CRÉATION DE 1960 À NOS JOURS :

QUELQUES ASPECTS EN BANDE DESSINÉE CONTEMPORAINE, 

PAR SÉBASTIEN LEMALE, PROFESSEUR AU LYCÉE GRANDMONT DE TOURS.



- Joann Sfar et David B. : Urani, la ville des mauvais rêves, pl 22.
Joann Sfar et David B. : Urani, la ville des mauvais rêves, pl 35.




Joann Sfar et David B. : Urani, la ville des mauvais rêves


Joann Sfar et David B., tous deux membres de L’Association, ont des styles très différents (collectif fondé en 1990 qui a révolutionné le rapport de la BD à l’autobiographique et aux expériences inédites). 

Le trait de David B. est très souple et net, tandis que celui de Joann Sfar est beaucoup plus libre et imprécis. Aussi, dans cet album en commun, Urani, la ville des mauvais rêves, ils ne cherchent pas à fondre leurs thèmes et dessin mais les séparent par des chapitres.


- Joann Sfar et David B. : Urani, la ville des mauvais rêves, pl 45.



David B. est un spécialiste de l’ésotérisme, des sociétés secrètes et du mystère. Joann Sfar est ici, plus dans l’action, dans les complots politiques. Chacun garde son héros. Sfar dessine seul le robot Urani. La narration, comme le style, restent un peu chaotique.


Collaboration sans suite mais qu’on retrouve dans d’autres projets des membres de L’Association.




Joann Sfar / Lewis Trondheim, etc. : Donjon



Donjon est un projet d’écriture/réalisation communes d’une parodie de Donjon & Dragon par Lewis Trondheim et Joann Sfar. Non seulement l’écriture est commune mais la réalisation graphique passe par une collaboration. Joann Sfar réalise des crayonnés qui sont ensuite réinterprétés par Lewis Trondheim.



- Joann Sfar : crayonné Donjon T2, pl 5, 1999.

- Lewis Trondheim & Joann Sfar : Donjon Zenith II Le roi de la bagarre, P 52, Delcourt, Paris, 1999.



 - Joann Sfar : Donjon T2, pl 13, 1999.


- Lewis Trondheim & Joann Sfar : Donjon Zenith II, Le roi de la bagarre, p 60, Delcourt, Paris, 1999.


- Lewis Trondheim, Joann Sfar & Christophe Blain : Donjon Monster 7 : Mon fils le tueur, édition spéciale Delcourt, Paris, 2003.

- Lewis Trondheim, Joann Sfar & Killoffer : Donjon Monsters  9 :  Les profondeurs, Delcourt, Paris, 2004.

- Lewis Trondheim, Joann Sfar & Carlos Nine : Donjon Monsters 8 Crève-Cœur, Paris, 2004. 



En terme de collaboration, Donjon va se développer. Joann Sfar réalise un après-Donjon : Donjon crépuscule ; Christophe Blain un avant-Donjon : Donjon potron-minet ; Manu Larcenet un Donjon comique : Donjon Parade. Puis des Donjons uniques seront confiés à d’autres dessinateurs ayant chacun leur propre style : Donjon monsters. La collaboration réunit donc plus de 22 dessinateurs officiels et 37 albums.


- Affiche collective Donjon pirate, soirée révélation, Angoulême, 2008.

- Stanislas Gros : donjon-pirate-chevaliers-sans-plastrons-42.



Mais cette diversification est virale. Il se crée sur le net un site Donjon Pirate, avec des auteurs publiant anonymement des planches imaginaires puis un site Donjon pirate pirate. Ce n’est plus de la collaboration, mais de la contamination. Lewis Trondheim finit par poser des interdictions, certains auteurs commençant à réaliser des Donjons entiers.



Chicou chicou


Chicou Chicou est une écriture commune sur Internet, racontant les mésaventures fictives d’une bande de potes de Château Gontier. Chacun des auteurs (gardant l’anonymat à l’époque) se répondant et poursuivant les histoires. Une sorte d’écriture interactive à dix mains. 

Les styles des auteurs (Boulet, Lisa Mandel, Domitille Collardey, Aude Picault et Erwan Surcouf) diffèrent, permettant de les reconnaître.  Les histoires évoluent, tiraillées par des intentions plastiques et narratives spécifiques. Boulet dira qu’il a fini par s’identifier à l'un des personnages.


- Collectif, Chicou Chicou, Shampooing, Paris, 2008.

- Collectif, Chicou Chicou, Infiniment petit : Infiniment petit

- Collectif, Chicou Chicou, Ninja : Ninja

- Collectif, Chicou Chicou Lalala lalala Laaaalaaaalaaaa Lalala lalala Laaaalaaaalaaaa
- Collectif, Chicou Chicou,  PestePeste



Les auteurs savent également prendre parti des spécificités de la lecture du blog sur Internet, avec déroulement vertical et des innovations plastiques inattendues.



À SUIVRE










lundi 7 août 2017

733-TEAMLAB : "FLOWERS AND PEOPLE", INTERACTIVE DIGITAL INSTALLATION






TeamLab est un collectif d'artistes japonais composé de spécialistes tels que des programmeurs (ingénieurs d'interface utilisateur, ingénieurs de base de données, ingénieurs de réseau, ingénieurs de matériel, ingénieurs de vision informatique, architectes de logiciels), des mathématiciens, des architectes, des animateurs CG, des designers Web, des graphistes, des artistes, des éditeurs et bien d'autres.
VOIR LA VIDÉO (2 MN 14, 2016, CALIFORNIA)
FLOWERS AND PEOPLE, 
CANNOT BE CONTROLLED BUT LIVE TOGETHER,
A WHOLE YEAR PER HOUR, 2015,
INTERACTIVE DIGITAL INSTALLATION, ENDLESS,
SOUND : HIDEAKI TAKASHI.
Cette œuvre est en constante évolution : sur une période d'une heure, se déroule une année de floraison. Sans personne, cette installation est un espace sombre et nu. Lorsque les gens entrent dans la salle, les fleurs apparaissent autour d'eux et commencent à se répandre sous leurs pieds. Lorsque les fleurs sont approchées par quelqu'un, elles se propagent dans cette direction et forment des connexions. Les fleurs poussent, bourgeonnent et fleurissent avant que leurs pétales ne commencent à se faner et finissent par tomber. Le cycle de croissance et de désintégration se répète à perpétuité. Lorsque le spectateur est immobile, les fleurs se multiplient, poussent et s'épanouissent. Lorsque le spectateur se déplace, les fleurs commencent à se faner, à mourir et à s'évanouir. Cette œuvre est en continu, ce n'est ni une animation préenregistrée ni une boucle. Le travail est composé en temps réel par un programme informatique. L'interaction entre le visiteur et l'installation provoque des changements continus dans le déroulement. Les états visuels précédents ne peuvent jamais être reproduits et ne se reproduiront jamais.










dimanche 6 août 2017

732-VIDÉOS D'EXPOSITION : "INEXTRICABILIA", 2017, LA MAISON ROUGE, PARIS




VOIR LA VIDÉO (3 MN 50, 2017) DE TV5MONDE,
AVEC LUCIENNE PEIRY PRÉSENTANT L'EXPOSITION,
INEXTRICABILIA, ENCHEVÊTREMENTS MAGIQUES
LA MAISON ROUGE, PARIS, 23 JUIN-17 SEPTEMBRE 2017.


VOIR LA VIDÉO (8 MN 28, 2017) DE LA MAISON ROUGE,
AVEC LUCIENNE PEIRY PRÉSENTANT L'EXPOSITION,
INEXTRICABILIA, ENCHEVÊTREMENTS MAGIQUES
LA MAISON ROUGE, PARIS, 23 JUIN-17 SEPTEMBRE 2017.




TÉLÉCHARGER LE DOSSIER PÉDAGOGIQUE (PDF) DE L'EXPOSITION












mercredi 2 août 2017

731-TSPÉ-SÉBASTIEN LEMALE-COLLABORATION ET CO-CRÉATION DANS LA B.D.-1



COLLABORATION ET CO-CRÉATION DE 1960 À NOS JOURS :

QUELQUES ASPECTS EN BANDE DESSINÉE CONTEMPORAINE, 

PAR SÉBASTIEN LEMALE, PROFESSEUR AU LYCÉE GRANDMONT DE TOURS.




- Goscinny-Uderzo :  Astérix, Le devin, Dargaud, 1972.
- Yann & Conrad : Les innommables, Alix-Noni-Tengu, Dargaud, 1996.



Les collaborations sont nombreuses, presque monnaie courante, en bande dessinée. L’association d’un scénariste et d’un dessinateur a longtemps représenté la norme. Qu’on pense à la personnalité de Goscinny dont la mort prématurée a révélé le caractère essentiel dans la réalisation et le succès d’Astérix. On peut également évoquer certains duos célèbres : Loustal-Parringault, Rosinski-Van Hamme (Thorgal), Yann & Conrad (Les inommables)... 

On peut également penser aux capacités de transposition de romans, par exemple Jacques Tardi avec Léo Malet (Nestor Burma), ou avec Manchette (Griffu) où la mise en case dépasse l’illustration littérale mais apporte un point de vue double, un mixte.

Le thème de l’année étant « collaboration et co-création », on présentera ici les exemples, pas si nombreux, de collaboration mixte, où chacun ne se cantonne pas dans son rôle et fait bouger les limites.



Tramber et Jano : Kébra


A la fin des années 1970, Tramber & Jano publient dans le mensuel de BD, Métal hurlant, les aventures d’un rat blouson noir de banlieue. Histoire : sexe, drogue & Rock’n Roll. Style crade, proche du punk.

La collaboration sépare les tâches de manière inédite : Jano dessine les personnages et Tramber les décors qui prennent une place exceptionnelle dans certaines planches. L’hybridation produit de l’inattendu.

- Tramber & Jano : Kébra choppe les boules, les humanoïdes associés.

- Tramber & Jano : Le zonard des étoiles, pl. 14, les humanoïdes associés.



Après leur séparation, chacun va dessiner dans sa direction. Jano : l’Afrique et l’Inde (nouvel héros : Keubla) ; Tramber : des loosers de banlieue (William Vaurien) puis des marins bretons, forcément avinés.

Les projets se différencient donc, tant dans les thèmes que dans les styles.


- Jano : Keubla, sur la piste du Bongo, Les humanoïdes associés, 1987, pl. 1.

- Tramber : William Vaurien, Embrouille au Pypoland, Paris, Les humanoïdes associés, 1984.




Dupuy & Berberian


L’originalité de la collaboration de Philippe Dupuy et Charles Berberian tient dans leur interchangeabilité. Chacun intervient autant dans le dessin que dans le scénario, sans rôle ou partage prédéfini, en fonction de son inspiration. Sans l’avoir théorisée, cette pratique s’est installée de manière empirique.


- Dupuy & Berberian   : Bicéphale, Beeld Beeld, 2002, non paginé.
- Dessin pour la couverture de Neuvième art, spécial Dupuy & Berberian, Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, Angoulême, 2009.


 D’où cette image où chacun tient le même stylo démesuré pour tracer un trait. Image qu’ils reprennent sous forme d’installation d’une maquette animée, pour leur exposition commune à Angoulême après avoir reçu le Grand Prix.

- Dupuy & Berberian : Maquette Exposition CNBDI, Angoulême, 2009.


Leur style commun, une « ligne claire » proche d’Hergé en vogue chez les jeunes auteurs dans les années 80, est suffisamment proche pour qu’il soit impossible de trouver qui dessine quoi dans la case.


- Dupuy & Berberian : Monsieur Jean, T 6 : Inventaire avant travaux, Dupuis, 2003.


Cependant, avec l’ouvrage autobiographique Journal d’un album, chacun écrit et dessine seul ses chapitres, ce qui expose les différences de style et de contenu. Le style de Berberian diffère un peu de l’aspect lisse de la ligne claire et continue à évoluer aujourd’hui vers un trait imprécis et sensible inspiré des artistes des années 20.

- Dupuy & Berberian : Journal d’un album, L’association, Paris, 1994, couverture.


- Berberian, : « Des conneries », p1, Journal d’un album, L’association, Paris, 1994.


- Berberian, : « Batman », p1, Journal d’un album, L’association, Paris, 1994


 
- Berberian : « Conneries (II) », pl. 9, Journal d'un album, L’association, Paris, 1994.


- Dupuy : « Monsieur Jean », Journal d'un album, pl. 1, L’association, Paris, 1994.


- Dupuy : « Monsieur Jean », Journal d'un album, pl. 2, L’association, Paris, 1994.



Mais aussi le cheminement de la réalisation, les choix stylistiques, par exemple dans cette dernière case.

Dans son chapitre, Philippe Dupuy retranscrit un moment de la collaboration créative, où il s’interroge sur l’utilité de garder la coiffure moderne du héros Monsieur Jean, dans un épisode onirique situé au Moyen-âge.

Philippe Dupuy traverse une phase de pause créative et de remise en cause qu’il développe dans sa partie. Il évoque également le décès de sa mère et son risque de divorce. Il se sert de ce journal pour savoir s’il a encore envie de travailler en commun. Il lui sert d’introspection, quand Charles Berberian reste dans l’humour.


- Dupuy- Berberian : Monsieur Jean T 3 : Les femmes et les enfants d’abord,  pl. 11.


- Dupuy- Berberian : Monsieur Jean, T 6 : Inventaire avant travaux,  pl. 43, Dargaud 1994 et 2003.



A travers leur fiction, l’histoire du trentenaire Monsieur Jean, chacun insère ses intérêts, ses angoisses. Ici pour Philippe Dupuy, l’inquiétude d’avoir des enfants (à comparer avec la planche ci-dessus) ou bien la transposition chez leur héros d’authentiques cauchemars (ici de Berberian). Dans son premier livre en solo, Hanté, Philippe Dupuy compare son projet introspectif à un travail de thérapie ou de psychanalyse, sans en être vraiment une.


- Dupuy : L’Art du chevalement, 2014 pl. 55.


- Dupuy, Double planche originale extraite des Enfants pâles, 2012.



   Leur style évolue, chacun de son coté, développant une pratique en solo. Philippe Dupuy abandonne le trait de la ligne claire au profit du lavis. Ses dessins sont plus expressifs, moins contenus par le trait. Ils se rapprochent de carnets de croquis.


- Berberian : « Le cerceau européen », Le Bonheur occidental, p 49, Fluide Glacial, 2016.


- Berberian : « Place St Michel », Paris, Co-édition Lonely Planet, Casterman, 2014.



Charles Berberian cependant n’abandonne pas l’humour et si ses planches sont moins introspectives, son trait s’éloigne de la ligne claire pour se rapprocher de certains dessinateurs de presse, par exemple Saul Steiner. Il publie d’ailleurs également dans le New Yorker et développe un travail d’illustration au pinceau et à l’encre.



Dupuy- Berberian :  Bienvenue à Boboland, Tome 1, Fluide Glacial, 2008, pl.1.



Pourtant, leur collaboration se poursuit, par exemple avec Boboland (2008), chez Fluide Glacial, où les bourgeois bohèmes parisiens (ici du canal St Martin), sont cyniquement caricaturés.















dimanche 30 juillet 2017

730-CLAIRE DORI PHOTOGRAPHY































VOIR LE SITE DE CLAIRE DORI



Puisant principalement mon inspiration dans la nature et les voyages, je suis fascinée par les paysages inertes, l’inconnu, les couleurs et l’abstraction. 
Des fragments de vie, des portraits se mêlent parfois à cet univers fragile. 
















La photographie a longtemps influencé mon travail depuis mes études en création textile – ce désir de laisser une trace, de figer des souvenirs sous forme visuelle. Et c'est depuis mon premier périple en solitaire de six mois en Asie du sud-est en 2016, que le dessin et la peinture ont pris une place centrale, avec toujours la photographie en support et non plus en medium…



























J’aime saisir des détails difficilement perceptibles pour les mettre en valeur. 
Capturer l’instant : c’est ce qui m’anime et c’est cette vibration que je désire partager.

Claire Dori (née en 1982, vit à Pantin)























Souvenirs de ce voyage en Islande du sud en 2009, une grande source d'inspiration : un sentiment d'isolement, une nature infinie, silencieuse, apaisante, revigorante mais également l'excitation d'être continuellement éblouie par ces paysages presque irréels.
Une claque visuelle et sensorielle, une sorte de pays imaginaire par sa richesse de paysages, de couleurs vibrantes, comme jamais vues auparavant...















VOIR LE SITE DE CLAIRE DORI