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lundi 31 octobre 2016

607-EUGÈNE DEGAND (1829-1911), PHOTOGRAPHE À NICE-1




- DEGAND Eugène (1829-1911), Nice, Le Port, tirage vers 1883-1887,
carte cabinet, tirage albuminé de 15x9,6 cm contrecollé sur carton épais de 16,5x10,9 cm,
Collection personnelle.
[N.B. : les recherches ultérieures montreront que la prise de vue date des années 1874-1875 mais que le tirage est postérieur].



Cette semaine, j'ai acquis une photographie ancienne du quartier du Port de Nice où je réside actuellement. Cette vue est l'oeuvre du photographe Eugène Degand.

J'ai recherché sur Internet les renseignements disponibles sur ce photographe. Il serait né à Lille le 6 octobre 1829, aurait suivi une formation de peintre puis aurait participé aux Salons parisiens des années 1857-1868, exposant des scènes de genre et des paysages, notamment orientalistes. 

Voir un dessin d'architecture d'Eugène Degand sur : Artnet
Voir des peintures d'Eugène Degand sur : Petit Palais

Installé sur Nice, il aurait ouvert un atelier de photographe et aurait été actif entre 1870 et 1900, sa date de décès restant inconnue.

Désireux d'en savoir plus, j'ai approfondi les recherches sur Internet et dans les bibliothèques.



- DEGAND Eugène (1829-1911), Encart publicitaire publié dans l'Annuaire niçois de 1879, page 232.



LES ANNUAIRES NIÇOIS 

Les annuaires (Archives Départementales des Alpes-Maritimes, numérisées et en ligne) témoignent de la présence d'Eugène Degand à Nice dès le milieu des années 1860. Il y apparaît, dès 1864 et cela jusqu'à 1872, comme "peintre de genre" résidant 18, place Saint-Etienne, dans un quartier en pleine urbanisation et restructuration, ce qui va entraîner à plusieurs reprises, sans qu'il déménage, le changement de nom ou de numéro de son adresse.

Dès 1873, le nom d'Eugène Degand apparaît dans les annuaires, avec toujours pour profession "peintre" (jusqu'en 1877) mais également comme "photographe", suivi de deux adresses proches de la place Saint-Etienne : son atelier, situé derrière la pension Millet, rue Saint-Etienne, au nord de la place (nouvelle dénomination), et son magasin, 6 rue Paradis, près le Jardin-Public, au sud de la place (adresse précisée au recto de ses cartons d'édition pour grandes photos dès 1866 ?).

Dès les années 1876-1877 (absence d'annuaire conservé de 1876), l'adresse de son atelier change de dénomination (le changement est attesté en 1877 mais n'est visible sur les plans de Nice qu'en 1882), une portion de la rue Saint-Etienne devenant une prolongation de la rue Pastorelli ("rue Pastorelli-Saint-Etienne" ou "rue Pastorelli prolongée"). L'atelier affiche d'abord "rue Pastorelli" ou numéro "20, rue Pastorelli" qui devient au début des années 1880, le numéro 24 (changement attesté en 1884 mais absence d'annuaires conservés de 1880, 1881, 1882 et 1883). Eugène Degand occupe en fait un local de la maison Causse (propriétaire Joseph Causse) sise ruelle des Prés, qui prend successivement le nom des artères principales. Son magasin affiche pour sa part le n° 8 rue de Paradis dès les années 1880-1884 (changement attesté au plus tard en 1884 dans les annuaires mais déjà présent dans le Plan-Album de Nice de 1881-82 et de 1882-83 alors que le Guide Nice en poche de 1883 affiche encore le n°6).



- Plan de la Ville de Nice dressé par Mr François Aune, architecte, détail, 1882,
BnF, Paris, collections numérisées et en ligne sur Gallica,
avec au centre (du sud au nord) le Jardin public, la rue de Paradis avec le magasin d'Eugène Degand,
la place Saint-Etienne et la rue Lonchamp découpant un premier triangle avec
la Pension Millet, et à l'arrière, l'atelier d'Eugène Degand, sur un tronçon de rue nommé alors
rue Pastorelli (et qui sera fusionné en 1890 avec la rue Cotta plus à l'ouest) ; 
voir le plan en détail sur Gallica.bnf : Plan de 1882,
et le comparer au plan de 1865 sur Gallica.bnf : Plan de 1865,
puis au plan des années 1890 sur Gallica.bnf : Plan des années 1890.



A la fin des années 1880 (changement attesté en 1889), plusieurs numéros sont désormais mentionnés pour ses magasins, les 5, 6 et 8 rue Paradis qui deviennent 6 et 7 dans les années 1890, alors que l'adresse de son atelier devient pour sa part 14, rue Pastorelli (changement attesté seulement en 1888) puis 14, rue Cotta (changement attesté de 1890 à 1901, actuelle rue Maréchal-Joffre). 

Ses deux enfants (?), L. et A. Degand s'occupent respectivement dès 1896 et 1897, du magasin d'appareils photographiques au n° 7 et du magasin de photographie au n° 6 (A. Degand signe d'ailleurs des photos de portraits vers 1900).
De 1900 à 1905 cependant, Eugène Degand s'occupe encore du magasin aux n° 6 et 7 rue Paradis (et A. Degand de celui des n° 5 et 8) et il habite à une nouvelle adresse (jusqu'en 1908), montée Carabacel, villa Ernestine (n° 2 puis n°4). 

Le nom d'Eugène Degand, présent seulement dans la « Liste générale des principaux photographes » publiée par la Société de Photographie de Toulouse de 1897 à 1905, disparaît des annuaires niçois des professionnels dès 1906 (pour laisser place au nom Degand-Banliat au n° 7 rue Paradis jusqu'en 1913) et des annuaires des particuliers en 1909. 

Sa mort a lieu en fait l'année de ses 82 ans, à Nice, le 9 octobre 1911 dans une Maison de convalescence, au 57 avenue Borriglione, comme le révèle son acte de décès retrouvé (n° 2805, Archives départementales des Alpes-Maritimes, numérisées en ligne). Cet acte précise qu'il était, à cette date, veuf de Marie Degand, née Lecroire. Il était né le 7 octobre 1829 (et non le 6) de Degand Magloire Joseph et de Degand Isabelle, née Dupire.



- DEGAND Eugène (1829-1911), Nice, Le Port, verso, vers 1883-1887,
carte cabinet, tirage albuminé de 15x9,6 cm, contrecollée sur carton épais de 16,5x10,9 cm,
Collection personnelle.




LE VERSO DES PHOTOGRAPHIES

Les photographies conservées d'Eugène Degand (sites de vente en ligne Delcampe et Ebay notamment) sont pour la plupart des tirages albuminés, souvent collés sur carton (plus ou moins épais, format carte de visite ou cabinet) dont les sujets sont essentiellement des paysages urbains et naturels de la Côte d'Azur (Nice, Cannes, Monaco, Menton, Hyères, Antibes, Villefranche-sur-Mer, Beaulieu...), de la frontière italienne (Vintimille, San Remo, Gênes...) et du Sud-Est de la France (Annecy, Aix-les-Bains...) mais aussi des portraits, voire quelques natures mortes.

Quelques types de textes imprimés occupent le verso de ses photos :

1- "Collection de vues pour album et Stéréoscope par Degand (ou Degand à Nice)".

Ces intitulés peuvent correspondre aux débuts de son activité niçoise, du milieu des années 1860 au tout début des années 1870 (vers 1864-1874). Il semble (car cela reste à confimer par un plus grand nombre de photographies) que "Par Degand" concerne les années 1864-1872 ou 1869-1872 et "Degand à Nice", les années 1872-1874.

Sa date d'installation sur Nice est certainement 1863 et son activité de photographe sur la Côte d'Azur est notamment attestée par les archives du Getty Research Institute qui possède des cartes d'Eugène Degand dans une collection constituée par Douglas Merritt dans ses voyages des années 1866 et 1867, et également par les collections de Monaco (photographies datées de 1866).

Voir sur ArchiveGrid : Eugène Degand dans les collections du Getty Research Institute et Harvard University.







2- Monogramme formé des lettres entrecroisées E et D suivi de "E. Degand - Peinture et photographie - Rue Saint-Etienne - Derrière la Pension Millet - et Rue Paradis, 6 - Nice - Portraits - Vues de Nice de toutes grandeurs", ou bien de, "E. Degand - Peinture et photographie - Magasin rue Paradis, 6 - Atelier rue Saint-Etienne - Derrière la Pension Millet - Nice - Portraits - Vues de Nice de toutes grandeurs".

Pour les portraits : "Photographie artistique - E. Degand - Rue Saint-Etienne - Derrière la Pension Millet - Nice".

Ces intitulés peuvent correspondre aux années 1874-1877. Cependant, les cartons imprimés pour les portraits semblent encore utilisés dans les années 1880.






3-Monogramme formé des lettres entrecroisées E et D suivi de "E. Degand - Peinture et photographie - rue Pastorelli - Derrière la Pension Millet - et Rue Paradis 6 - Nice - Portraits - Vues de Nice de toutes grandeurs".

Ces intitulés peuvent correspondre aux années 1877-1880 (rue Pastorelli, nom attesté dès 1877 mais annuaire de 1876 absent).






4-Monogramme formé des lettres entrecroisées E et D suivi de "E. Degand - Peinture et photographie - Magasin rue Paradis, 8 [et non plus 6] - Atelier rue Saint-Etienne - Derrière la Pension Millet - Nice - Portraits - Vues de Nice de toutes grandeurs".

Monogramme formé des lettres entrecroisées E et D suivi de "E. Degand - Peinture et photographie - Magasin Rue Paradis 8 - Atelier rue Pastorelli - Derrière la Pension Millet - Nice - Portraits - Vues de Nice de toutes grandeurs".

Monogramme formé des lettres entrecroisées E et D suivi de "E. Degand - Peinture et photographie - Magasin Rue Paradis 8 - Atelier rue Pastorelli, 24 - Derrière la Pension Millet - Nice - Portraits - Vues de Nice de toutes grandeurs".

Ces intitulés peuvent correspondre aux années 1881-1883, avec l'attribution du n° 8 à son magasin de la rue Paradis et l'attribution du n° 24 à son atelier de la rue Pastorelli.





5-Armoiries du Royaume-Uni (blason couronné de 1837, accosté d'un lion et d'une licorne) suivi de, "Degand Photographe - Bté (Breveté) de SM la Reine d'Angleterre - Rue Pastorelli 24 (Près la Pension Milliet) [avec un "i" désormais] - Nice - Magasins, Rue Paradis 8 - Vues de Nice, Cannes Monaco - Menton &a [et autres]".

Armoiries du Royaume-Uni (blason couronné de 1837, accosté d'un lion et d'une licorne) suivi de, "Degand Photographe - Bté (Breveté) de SM la Reine d'Angleterre - Atelier : Rue Pastorelli, 14 - Près de l'hôtel [et non plus, "Pension"] Milliet - Nice - Magasins, Rue Paradis 6  [et non plus "8"] - Vues de Nice, Cannes Monaco -Menton &a [et autres]".
En-dessous de ces mentions (parfois après un espace) apparaît également le nom de l'imprimeur-éditeur (ou cartier) : "D. Hutinet, Paris" (actif dans le dernier tiers du XIX° siècle ; il est l'un des exposants de l'Exposition Universelle de Philadelphia en 1876 puis de Paris en 1878 : "Hutinet (D.), à Paris, rue Grenéta, 43. – Cartes, cartons pour photographies" ; il reste à cette adresse jusqu'en 1880 puis réside au n°18 avenue Parmentier à Paris).

Ces intitulés peuvent correspondre aux années 1883-1887, avec l'attribution du n° 24 à son atelier de la rue Pastorelli qui devient le n° 14 dès 1888 (adresse signalée dans l'annuaire niçois de 1888), alors que son magasin reprend le n° 6.






La référence à la reine d'Angleterre dont il s'enorgueillit découle de photographies réalisées lors de la venue de la Reine Victoria sur la Côte d'Azur au printemps 1882 (Menton, du 16 mars au 12 avril 1882). S'il utilise cette référence dans des publicités dès la fin de l'année 1882, il ne semble l'utiliser pour ses cartons photographiques qu'à partir de 1883.



6-Armoiries du Royaume-Uni (blason couronné de 1837, accosté d'un lion et d'une licorne) suivi de, "Degand Photographe - Bté (Breveté) de SM la Reine d'Angleterre - Atelier: Rue Cotta, 14 - Près l'Hôtel Milliet - Nice - Magasins, Rue Paradis 6 - Vues de Nice, Cannes Monaco - Menton &a [et autres]".
En-dessous de ces mentions apparaît le nom de l'imprimeur-éditeur (ou cartier) : "L & D, Paris" (cité de 1889 à 1894). 

La mention de la nouvelle adresse de son atelier, 14, rue Cotta, correspondant aux années 1890-1901 apparaît très rarement. Ses cartons des années 1880 ont-ils continué de lui servir (photographies postérieures à 1890 attestées) ou bien son activité de photographe s'est-elle ralentie progressivement ? 





Si les indications permettent de dater avec précision les tirages, il faut cependant adopter une certaine prudence en ce qui concerne les clichés, Eugène Degand ayant notamment effectué de nouveaux tirages de clichés anciens, dans les années 1880.

Eugène Degand a probablement entamé sa carrière de photographe à Paris au tournant des années 1860, même si aucune photographie de cette époque n'est connue. Il est venu à Nice en 1863 et il y est resté actif jusqu'en 1905, même si peu de photographies semblent postérieures à l'année 1892.














dimanche 30 octobre 2016

606-EFFETS SPÉCIAUX CINÉMA - LES MÉTAMORPHOSES DE LA BLACKBIRD CAR







VOIR LA VIDÉO (2 MN 02, 2016) DE NATIONAL FUTUR,
THE MILL BLACKBIRD
LA VOITURE AJUSTABLE ET MÉTAMORPHOSABLE 
POUR LES TOURNAGES DE PUBLICITÉS ET DE FILMS.












samedi 29 octobre 2016

605-LES COLLAGES DE SÉVERINE METRAZ - "ICÔNES", BAB's GALERIE, PARIS




- METRAZ Séverine (née en 1972), Miniature 10, 2015,
18x13 cm, techniques mixtes sur ancienne image pieuse.





- Affiche de l'exposition de Séverine METRAZ, Icônes, BAB's Galerie, Paris, du 2 au 19 novembre 2016.



- METRAZ Séverine (née en 1972), Icône 68, 2015,
21x28 cm, techniques mixtes sur ancienne image pieuse.
















vendredi 28 octobre 2016

604-GOOGLE : "DEEP DREAM PROJECT" - DES EFFETS PHOTOS PSYCHÉDÉLIQUES





Vous pouvez créer un compte gratuit à l'adresse ci-dessous (nom, mail, mot de passe) puis télécharger la photo de votre choix, avant de lui appliquer les effets cumulables "DEEP DREAM" en 15 ou 20 secondes ou les effets "DEEP STYLE" en 15 ou 20 minutes !
Vous pouvez également appliquer une deuxième photo pour obtenir des effets de fusion.





AVANT


APRÈS
L'UN DES EFFETS "DEEP DREAM" (15 à 20 secondes)
(Avec un effet de zoom complémentaire)


APRÈS
L'UN DES EFFETs "DEEP STYLE" (15 à 20 minutes)
(Avec un effet de zoom complémentaire)


AVANT


APRÈS 
L'UN DES EFFETs "DEEP DREAM" (15 à 20 secondes)


APRÈS
L'UN DES EFFETS "DEEP STYLE" (15 à 20 minutes)


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mardi 25 octobre 2016

603-LA PYRAMIDE DE GAMBETTA (1883-1909) AU CIMETIÈRE DU CHÂTEAU, NICE




- WILSON George Washington (1823-1893), Gambetta, Tomb, Cemetery, Nice,
Registered G. W. W., Trade Mark,
Glass Magic Lantern Slide 24 D-25 from "The French Riviera and Monte Carlo",
Collection personnelle.



LA PYRAMIDE DE GAMBETTA : UN MONUMENT ÉPHÉMÈRE CONSERVÉ PENDANT 25 ANS


Le précédent article ne pouvant plus intégrer tous les documents collectés du fait de l'histoire parallèle, au cimetière du Château, de deux tombeaux successifs et d'une pyramide commémorative dédiés à Léon Gambetta, un nouvel article a semblé nécessaire. C'est ainsi l'occasion de faire le point, les nouveaux documents textuels et iconiques ayant sans cesse précisé, complexifié et remis en question l'histoire écrite de cette pyramide.


VOIR L'ARTICLE PRÉCÉDENT 
VOIR L'ARTICLE SUIVANT



LE PREMIER EMPLACEMENT DE LA PYRAMIDE : AU DOS DU TOMBEAU DE GAMBETTA (1883-1901)



- Emplacements du Tombeau (vert) et de la Pyramide de Gambetta (rouge), repérés sur une partie du plan 
du Cimetière du Château, daté du 16 décembre 1964, Archives Municipales de la Ville de Nice.
Ces emplacements seront occupés de début 1883 à début 1909 pour le tombeau, et de début 1883 à début 1901 pour la pyramide.
Avant 1895, le Plateau supérieur (sommet de la butte et actuel Plateau Gambetta) ne recevait encore aucune tombe.
La tombe de Léon Gambetta est la tombe familiale acquise par lui en avril 1878 dans l'Allée du Brûloir.


Le début de l'histoire est d'emblée imprécis. 

Si la pyramide a bien été érigée par la municipalité pour commémorer le souvenir du grand tribun et rappeler l'hommage de la France entière, en rassemblant une partie des couronnes de fleurs offertes lors de ses obsèques, le samedi 13 janvier 1883, sur un monument éphémère en bois noirci, nul document ne vient préciser la date d'installation de cette pyramide. 

S'il est logique de penser que ce monument date des semaines qui ont suivi les obsèques, il faut cependant attendre le deuxième anniversaire de la mort de Gambetta en 1885, pour trouver mention de cet "immense trophée funèbre (qui) domine la ville" (Le Petit Niçois du 1er janvier 1885, pp 1-2), au dos du tombeau de Gambetta, décalé légèrement vers le sud, deux allées plus haut, au centre du rebord occidental du Plateau supérieur du cimetière. 

Dès la fin de l'année 1887, les couronnes sont signalées fort dégradées et le vœu d'un monument pérenne est rappelé : "Vers le centre de la terrasse supérieure, se dresse une sorte de pyramide Égyptienne aux larges proportions. De simples voliges passées au noir de fumée y remplacent le granit des pharaons. Il est vrai que ce sapin n'est qu'un bois d'attente" (Stéphen Liégeard, "La Côte d'Azur", 1887, pp 194-196).




- NEURDEIN FRERES, Nice, Vue générale prise du Mont Boron, ensemble et détail, entre 1884 et 1889,
tirage albuminé, 12x18, 5 cm, Collection privée.


L'image rapprochée la plus ancienne de cette pyramide semble cette plaque de verre colorisée pour lanterne magique qui fait partie d'une série de 25 vues, intitulée The French Riviera and Monte-Carlo ou The French Riviera and Monaco. Cette série qui est l'oeuvre du photographe écossais George Washington Wilson (1823-1893) ou de ses fils n'est pas datée mais connue pour être postérieure à 1880 et antérieure à 1902. Après avoir cru que cette photographie datait de 1901 avec le monument déplacé au nord du Plateau supérieur, j'ai compris mon erreur et complété mes recherches. 

Si la ligne de montagnes qui apparaît sur la droite indique bien le nord-est, la pyramide est cependant encore positionnée au dos du tombeau de Gambetta et montre la montagne du fait qu'il n'y a alors aucune tombe ni monument sur le Plateau supérieur pouvant en boucher la vue (vue depuis le sud-ouest en direction du nord-est). 
Le personnage qui pose du côté gauche, sur le rebord occidental du Plateau supérieur, est le photographe lui-même dont les traits nous sont connus par ses autoportraits peints. La photo est donc antérieure à sa mort en mars 1893. 

De plus, G.W. Wilson a rédigé un petit texte d'accompagnement à une série plus conséquente de 70 vues, publié en 1889 sous le titre, "Ten days in the French Riviera & Monaco". Il est donc fort probable que cette image colorisée soit issue d'un cliché de 1889.
La présence de la figure humaine permet de réaliser la hauteur des barrières qui entourent le monument (d'environ 1 m 70) et celle de la pyramide qui semble faire près de 4 mètres de haut et de large.  


- WILSON George Washington (1823-1893), "Gambetta, Tomb, Cemetery, Nice", 1889,
"Registered G. W. W., Trade Mark",
Glass Magic Lantern Slide 24 D-25 from "The French Riviera and Monte Carlo".


L'image colorisée suivante montre le tombeau de Gambetta et la pyramide commémorative sous le titre, "Shrine to Léon Gambetta, photochrom print n° 1168", issue de la série, "Views of Architecture, monuments and other sites in France", datée entre 1890 et 1900. 

J'ai pu établir, en fonction des couronnes et des plaques du tombeau de Gambetta mais également des dates gravées sur les tombeaux voisins, que cette photographie ne pouvait qu'être antérieure à décembre 1890, date de l'inhumation du père de Gambetta dans la tombe et de la présence ostensible d'une couronne de la ville de Nice offerte en son hommage.


- Shrine to Léon Gambetta, 1890,
photochrom print n° 1168 from Views of Architecture, monuments and other sites in France,
ensemble daté entre 1890 et 1900, Washington, Library of Congress, Prints and Photographs Division.
Cette même photographie en noir et blanc, a été éditée par STAERCK Frères, à Paris.


Beaucoup de visiteurs de l'époque ayant tendance à croire que le tombeau de Gambetta se trouve sous la pyramide, une haute pancarte est, après 1890, positionnée à la tête de la tombe pour l'indiquer clairement. 

Les photographies ci-dessous appartiennent aux années 1890, sans qu'il soit possible de préciser davantage : présence en tête de tombe de la pancarte indicative, de la couronne offerte par la Ville lors de l'inhumation du père de Gambetta, présence d'une porte vitrée à la tombe voisine, disparition d'une plaque de marbre au pied du tombeau de Gambetta, présence de nouvelles barrières d'environ 1 m de hauteur autour de la pyramide. 
Voici une vue prise depuis l'ouest vers l'est puis une vue oblique prise en sens inverse.



- NEURDEIN Etienne (1832-1918) et Louis-Antonin (1846-1914), Editeurs/Imprimeurs, carte postale colorisée, 438, Le Tombeau de Gambetta, années 1890, 
carte postale écrite, timbrée et datée au revers, du 25 octobre 1904,
la marque ND a perduré de 1885 à 1913, Collection personnelle.


- NEURDEIN Etienne (1832-1918) et Louis-Antonin (1846-1914), Editeurs/Imprimeurs, carte postale colorisée, 
459, Nice, La Pyramide Gambetta, années 1890,
carte postale non circulée, postérieure à 1904,
la marque ND a perduré de 1885 à 1913, Collection personnelle.




LE DEUXIÈME EMPLACEMENT DE LA PYRAMIDE (AVRIL 1901 ?) À L'ANGLE NORD-OUEST DU PLATEAU SUPÉRIEUR (?)


Au début de l'année 1901, en prévision de la 27e fête fédérale de gymnastique et de la venue du Président de la République Emile Loubet à Nice, de gros aménagements du Cimetière du Château sont réalisés afin de permettre le déroulement de deux cérémonies successives d'hommage à Gambetta et d'accueillir les cortèges. L'environnement de la tombe, notamment, est modifié : "Dans l'allée qui se trouve derrière la tombe de Gambetta, on a disposé une charpente triangulaire en fer avec des crochets destinés à soutenir les couronnes qui seront apportées pour être placées sur la tombe du grand tribun. Egalement derrière la tombe, sera élevée une estrade sur laquelle se placeront les orateurs qui prononceront des discours" (Le Petit Niçois du 6 avril 1901 p 1). La pyramide est, à cette occasion, déplacée.

Son nouvel emplacement nous est révélé par le tableau, peint par Octave Guillonnet, qui relate la cérémonie des Sociétés de gymnastique du lundi 8 avril après-midi. Le peintre, dépêché sur place pour faire des croquis et probablement des photos, a choisi un point de vue élevé (escabeau ?) afin de dominer la foule.
On aperçoit en haut la silhouette de l'extrémité de la Pyramide de Gambetta, et plus à droite, la Chapelle T. et plusieurs autres monuments funéraires datés entre 1900 et début 1901 et qui existent toujours.
Si l'on se fie à ce tableau, qui ne fut présenté qu'au Salon de 1905, la pyramide semble avoir été positionnée à l'angle de l'actuelle allée Défly (à l'arrière de la tombe) et de l'Allée Pacôme (allée perpendiculaire), dans un espace très étroit pour la recevoir. 
Je n'ai pas réussi à avoir, sur place, une vue actuelle semblable mais il est vrai que la configuration des lieux a été en partie modifiée et que je n'ai pu accéder à un point de vue aussi surélevé. Il me reste cependant un fort doute sur certains aspects de cette vision peinte, l'artiste ayant d'ailleurs supprimé la chapelle voisine de la tombe de Gambetta (notamment présente sur les photographies du lendemain) pour mettre cette dernière en valeur.

Il est possible que l'artiste ait souhaité intégrer la pyramide commémorative dans son tableau alors qu'elle n'était pas visible de l'allée du tombeau. Octave Guillonnet n'a exposé sa peinture qu'au Salon de 1905, quatre ans plus tard. Il a pu, dans ce même temps, vouloir montrer le nouvel emplacement choisi pour la pyramide par la municipalité, vers 1901-1902. Si c'est le cas, il aurait dû positionner la pyramide à droite et non à gauche de la grande chapelle (Chapelle T., 1899-1900) mais il est vrai que cela l'aurait rendue encore moins visible.


 - Reproduction par NEURDEIN Frères (éditeurs) du tableau d'Octave GUILLONNET (1872-1967),
 carte postale, 980 Gr., Salon de 1905, La Jeunesse de France au tombeau de Gambetta, 1901, 
tableau exposé au Salon de 1905 et représentant la cérémonie d'hommage du 8 avril à Gambetta, 
organisée par l'Union des Sociétés de Gymnastique de France à Nice (du 6 au 9 avril 1901).
Une reproduction dessinée (1906) puis gravée (1908 et 1913) de ce tableau sera exécutée par François-Xavier Lesueur.


 - Reproduction par NEURDEIN Frères (éditeurs) du tableau d'Octave GUILLONNET (1872-1967), La Jeunesse de France au tombeau de Gambetta, 1901,
détail montrant le 8 avril 1901 l'emplacement de la Pyramide de Gambetta, Collection personnelle.



- Emplacement du Tombeau de Gambetta (vert) et emplacement hypothétique de la Pyramide de Gambetta (rouge), le 8 avril 1901, déduit du tableau ci-dessus d'Octave Guillonnet ;
emplacements repérés sur une partie du plan du Cimetière du Château, daté du 16 décembre 1964, Archives Municipales de la Ville de Nice.



Je ne connais qu'une seule photo (ci-dessous) du même jour montrant la pyramide, publiée dans "Le Monde illustré" du samedi suivant (13 avril 1901 p 278) mais cette dernière ne laisse entrevoir aucun monument autour qui puisse permettre de déterminer son emplacement. 

La photo fait se détacher le monument sur le ciel et présente les deux principaux organisateurs de la cérémonie. Deux éléments sont cependant à noter : la pyramide a été déplacée avec ses barrières de protection et une fontaine semble marquer le centre de la face visible.

La pyramide ne peut pas être à l'emplacement indiqué du tableau d'Octave Guillonnet car l'endroit est bordé de tombes. La photo montre au contraire un emplacement dégagé. C'est cependant la présence de la fontaine qui permet de connaître le positionnement de la pyramide car cette fontaine est présente sur plusieurs photos postérieures dans l'axe central du Plateau Supérieur, côté est. Il semble d'ailleurs plus logique, pour un emplacement provisoire, d'avoir reculé la pyramide sur le même niveau plutôt que de l'avoir descendue d'une allée. En avril 1901, trois ou quatre concessions seulement ont été acquises sur le centre du Plateau nouvellement aménagé, d'où la présence d'un terrain nu et dégagé.

La photo ci-dessous est donc probablement une vue ouest-est du centre du Plateau mais il faut constater que la pyramide ne présente plus la même face qu'au dos du tombeau de Gambetta (empilement des couronnes différent). La pyramide a été pivotée d'un demi-tour et c'est l'ancienne face tournée à l'est qui fait désormais face à l'ouest. Il est possible que ce pivotement ait été volontaire pour exposer aux visiteurs des fêtes d'avril, des couronnes en meilleur état.


- BOUËT Léon (1857-1911), photographe, Nice, Les couronnes au monument de Gambetta, le 8 avril 1901,
image publiée dans "Le Monde Illustré" n° 2298 du 13 avril 1901 p 278 (Collection personnelle),
avec probablement M. Cazot, président de l'Association gambettiste de Paris, et M. Cazalet, président de l'Union des Sociétés de Gymnastique posant devant le monument.


- Emplacement du Tombeau de Gambetta (vert) et emplacement de la Pyramide de Gambetta (rouge), 
 repérés sur une partie du plan du Cimetière du Château, daté du 16 décembre 1964, Archives Municipales de la Ville de Nice.
Ces emplacements seront occupés de début 1883 à début 1909 pour le tombeau, et au début de l'année 1901 seulement (?), pour la pyramide.



LE TROISIÈME EMPLACEMENT DE LA PYRAMIDE (1901-1903/04) 



- Emplacements du Tombeau (vert) et de la Pyramide de Gambetta (rouge), repérés sur une partie du plan du Cimetière du Château, daté du 16 décembre 1964, Archives Municipales de la Ville de Nice.
Ces emplacements seront occupés de début 1883 à début 1909 pour le tombeau, et au début de l'année 1901 seulement (?), pour la pyramide.



Quel que soit l'emplacement de la pyramide en avril 1901, ce dernier n'aura été que provisoire car nous allons retrouver la pyramide sur l'allée nord du Plateau supérieur, avec deux photos qui ne sont malheureusement pas datées. Il est donc impossible de préciser le temps pendant lequel la pyramide a occupé son emplacement provisoire (entre quelques semaines et plusieurs mois).

Ces deux photos, prises depuis un point surélevé afin de mieux révéler le panorama, semblent l'oeuvre du photographe niçois Jean Gilletta et montrent une vue assez semblable, malgré les différences d'angle et de cadrage. La pyramide domine le paysage urbain et naturel, au nord de la colline du Château, et cette fois, l'emplacement peut être déterminé avec précision du fait de la flèche néo-gothique visible sur la droite. Ce monument funéraire, qui a été érigé vers 1864 au centre de l'Allée Pacôme, existe toujours. Il permet de situer la pyramide dans l'allée nord du Plateau supérieur mais en retrait du bord où des tombes sont déjà érigées, à un emplacement de terrain nu qui ne sera concédé pour des sépultures qu'en 1914 et 1917.

Les photos montrent que les couronnes déposées sur la tombe de Gambetta, lors des cérémonies par les Sociétés de gymnastique à la date du 8 avril après-midi et par le Président de la République le lendemain matin, ont été rapatriées dans l'enclos de la pyramide et que de nouvelles barrières, cependant de la même hauteur que les précédentes, ont été, une fois de plus, installées. 

Les photos peuvent dater de 1901, comme des années immédiatement suivantes (1902-1904). 



- GILLETTA Jean (1866-1933), N° 499, La Pyramide de Gambetta, entre 1901 et 1903/04 (1901 ?),
vue sud-nord, photographie  non datée,
Nice, Bibliothèque du Chevalier de Cessole.
Le rectangle de barrières qui encadre la pyramide est encore constitué de 4 éléments sur ses petits côtés et de sept sur ses grands ;
ses grands côtés sont par contre positionnés désormais au sud et au nord.



- GILLETTA Jean (1866-1933), carte cabinet, La Pyramide de Gambetta, entre 1901 et 1903/04 (1901 ?),
vue sud-nord, photographie non datée,
Collection personnelle.
Le rectangle de barrières qui encadre la pyramide est encore constitué de 4 éléments sur ses petits côtés et de sept sur ses grands ; ses grands côtés sont par contre positionnés désormais au sud et au nord.



De nouvelles image permettent de préciser un peu les choses. Il s'agit cette fois de deux dessins datés : l'un publié en novembre 1902, l'autre en janvier 1903. 

Le premier vient confirmer l'emplacement estimé de la pyramide dans l'allée nord du Plateau supérieur, et il offre pour une fois, une vue panoramique du nord vers le sud et dévoile la configuration de l'époque d'une partie du Plateau d'entrée et du Plateau supérieur, avec le détail de leurs monuments.


- Journal "Le Petit Niçois", Plateau d'entrée du Cimetière du Château dominé par la Pyramide de Gambetta, novembre 1902 (vue nord-sud),
illustration parue dans Le Petit Niçois du 2 novembre 1902 page 2.



Le second dessin reprend le point de vue des photos précédentes, transforme partiellement le paysage, réinvente le détail des barrières et allonge notablement la silhouette de la pyramide. 
Exécuté le 1er janvier 1903, il montre cependant les nouvelles couronnes de fleurs accrochées aux barrières qui ont été probablement déposées à l'occasion du vingtième anniversaire de la mort de Gambetta.


- Revue "Après l'Ecole", La Pyramide de Gambetta, janvier 1903,
vue (sud-ouest/nord-est) colorisée sur papier calque pour projection lumineuse,
dessin exécuté le 1er janvier 1903 (vingtième anniversaire de la mort de Léon Gambetta, d'où les nouvelles couronnes suspendues aux barrières) et publié le 20 janvier 1903 dans, "Après l'Ecole" (revue illustrée d'enseignement populaire, pp 193-196, fig. 15a),
Nice, Bibliothèque du Chevalier de Cessole.



LE QUATRIÈME EMPLACEMENT DE LA PYRAMIDE (1903/04-1909) 


- Emplacements du Tombeau (vert) et de la Pyramide de Gambetta (rouge), repérés sur une partie du plan du Cimetière du Château, daté du 16 décembre 1964, Archives Municipales de la Ville de Nice.
Ces emplacements seront occupés de début 1883 à début 1909 pour le tombeau, et de 1903-1904 à fin 1908-début 1909, pour la pyramide.



Les photos stéréoscopiques ci-dessous sacrifient à la mode qui a duré de 1850 à 1950, en montrant deux vues prises avec un appareil à double objectif. Ce type de photos, regardées avec un stéréoscope, recréaient la vision oculaire en relief. 

De nombreuses vues stéréoscopiques de Nice datent de la seconde moitié du XIX° siècle mais ce n'est pas le cas de ces vues de la pyramide car elles révèlent en arrière-plan, sur la droite, la Chapelle des Familles P.-B.-C. érigée au plus tôt fin 1902, sur une concession acquise en mars de la même année. Or, le dernier dessin étudié, daté du 1er janvier 1903, montre la pyramide encore positionnée sur le côté nord du plateau ce qui repousse la datation des photos. Les tombes visibles sur la gauche, datent pour leur part des années 1899-1900. 

Cependant, les photos ne montrent pas deux concession octroyées en janvier et février 1904 et leur monument érigé dans l'année suivante, et s'il est vrai que les tombes et l'un des deux monuments pourraient être masqués par la masse de la pyramide et des barrières, le second monument pourrait être visible sur la gauche. Ceci permet de resserrer la datation de ces photos entre 1903 et 1904.


- Anonyme, photographie stéréo, Nice, Mausolée de Gambetta, ensemble et détail, vers 1903-1904,
tirages albuminés sur carton, 8,8x17,2 cm, Collection privée de M. Denis Raquin Chenillet.
Les caractéristiques de la carte stéréoscopique, et en particulier, la façon d'écrire et de positionner le titre, permettent d'attribuer ces clichés au photographe Eugène Hanau (?-?), actif des années 1870 à 1915. Ce dernier accompagne souvent ses cartes stéréoscopiques d'un encadrement portant les mentions "Edition E.H. Paris - Collection Universelle". D'autres vues stéréoscopiques de Nice du même auteur ont été conservées.



Un autre intérêt de ces vues stéréoscopiques est de préciser l'emplacement exact de la pyramide, du fait des autres tombes présentes, et du fait de la présence de la fontaine déjà rencontrée en 1901 et à nouveau visible au centre de la face ouest. Ces deux indices permettent de penser que la pyramide est, vers 1903-1904, déplacée à nouveau au centre du plateau, du côté est, à l'arrière du point d'eau qui existe encore de nos jours (au dos du tombeau actuel de Gambetta). Il faut relever également la présence d'une nouvelle barrière (pour la quatrième fois) dont le tracé est bas (environ 0,50 m de hauteur) et déformé. Enfin, il faut noter que la pyramide a été à nouveau pivotée d'un demi-tour, comme en 1901.


La carte postale ci-dessous (possédée en trois exemplaires postés en 1908 et 1909) offre une vue inverse à la précédente (sud-est/nord-ouest) et confirme le nouvel emplacement de la pyramide. La photo date probablement de 1904, comme le prouve la tombe visible au fond à droite recouverte de couronnes (concession acquise en février 1904) et encore dépourvue de monument.



- Cimetière du Château (Plateau supérieur, allée interne, côté ouest) : Nice - La Pyramide Gambetta, vers 1904 (Collection personnelle).




La carte postale suivante (postée en 1907) montre une vue, restreinte du fait du format vertical, et prise légèrement plus à l'ouest. Elle peut dater des années 1904-1907.




- FOUCACHON éditeur, Puget-Théniers : carte postale colorisée, Nice - La Pyramide Gambetta, vers 1904-1907,
carte postale écrite, timbrée et datée du 29 mars 1907,
Les hautes barrières ont fait désormais place à des barrières de hauteur réduite formant un rectangle (petits côtés formé de quatre éléments) dont les grands côtés (formés de cinq éléments) sont à nouveau orientés est et ouest.



La carte postale ci-dessous montre une vue d'ensemble (du sud vers le nord). Elle montre au fond deux monuments érigés au plus tôt fin 1904 (stèle avec urne drapée et chapelle à sa droite) et au premier plan, une tombe recouverte de fleurs dont la concession date de novembre 1904 et qui ne recevra un monument qu'en 1907. Cette photo date donc au plus tôt de fin 1904 mais plus probablement de 1905 ou 1906 et au plus tard de 1907.




- CAMOUS Éditeur, Nice, Le Cimetière et la Pyramide de Gambetta, vers 1904-1907
 carte écrite au verso, en 1909 (?), Collection personnelle.



Enfin, l'image suivante est publiée en page une du journal Le Petit Niçois du 2 novembre 1907. C'est la dernière image connue de la pyramide à cet emplacement. La photographie montre essentiellement la face ouest entourée de barrières basses, en arrière de la fontaine. La légende de l'image indique, "Tombeau de Gambetta" mais le texte de l'article l'appelle, "Monument de Gambetta".



- Journal "Le Petit Niçois" du 2 novembre 1907 p 1.
Documents numérisés et en ligne du Conseil Général des Alpes-Maritimes 
(Archives Départementales).



LA DESTRUCTION DE LA PYRAMIDE ET SON REMPLACEMENT PAR LE NOUVEAU TOMBEAU DE GAMBETTA DÉBUT 1909


- Emplacement du nouveau Tombeau (vert) de Gambetta, repéré sur une partie du plan du Cimetière du Château, daté du 16 décembre 1964, 
Archives Municipales de la Ville de Nice.
Cet emplacement est occupé de début 1909 à nos jours. 


Grâce à l'action du maire Henri Sauvan, le monument provisoire en forme de pyramide égyptienneva enfin céder la place, après plus de 25 ans de présence, à un nouveau tombeau pour Léon Gambetta (conçu par Alban Guillandre, architecte des jardins et cimetières), alors qu'en ville un monument (conçu par le sculpteur Louis Maubert) est parallèlement érigé à sa mémoire. Les deux monuments vont être officiellement inaugurés fin avril 1909, par la venue du Président de la République, Armand Fallières, lors des 42èmes Fêtes fédérales de gymnastique. Le nouveau tombeau a auparavant intégré les parties sculptées de l'ancienne tombe de l'Allée du Brûloir puis a accueilli les corps de Léon Gambetta et de sa famille, les 1er et 2 avril 1909.

Il est impossible de dire avec précision à quelle date la pyramide a été détruite (fin 1908 ou début 1909 ?) mais quelques finitions du nouveau tombeau restent encore nécessaires à la date de la translation (aménagement des parterres et installation du portillon), ce qui laisse croire à des travaux engagés tardivement. Le tombeau ne prend d'ailleurs pas exactement la place de la pyramide car il est installé en avant de la fontaine de pierre, cette dernière se retrouvant cette fois au dos du monument et cédant la place à une nouvelle fontaine en fonte.


- Cimetière du Château (centre du Plateau Gambetta, axe est/ouest) : Tombeau de la Famille Gambetta à Nice, 1909,
(vue arrière, Alban Gaillandre, architecte)
photographie de presse (Jean Gilletta ?), Agence Rol, Paris,
négatif sur verre, 13x18 cm, Paris, BnF, département Estampes et photographie.


Pendant quelques décennies, le souvenir de la pyramide va perdurer, maintenu par les cartes postales qui vont continuer à circuler et permettre, aujourd'hui encore, d'en retracer l'histoire



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